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Caméra thermique : repérer un échauffement sur un tableau ou un moteur

Caméra thermique : repérer un échauffement sur un tableau ou un moteur

°C · échauffement6 min Portrait de Julien FaurePar Julien Faure · mis à jour le 3 Nov 2026

Ce qu'elle montre sur un tableau ou un moteur, l'émissivité, les limites de lecture, le cadre APSAD D19, puis louer, acheter ou déléguer.

Une caméra thermique affiche le rayonnement infrarouge émis par la surface d’un équipement. Sur un tableau électrique ou un moteur, elle permet de repérer un point plus chaud que son environnement, mais elle ne montre ni l’intérieur d’un capot ni la cause du défaut : l’image oriente, elle ne rend pas de diagnostic définitif.

Ce qu’elle montre : le rayonnement infrarouge de surface, pas l’intérieur

L’appareil ne « voit » pas à travers un objet. Il capte le rayonnement infrarouge que sa surface émet, et le traduit en image colorée. Devant un capot fermé, il lit donc la température de ce capot, pas celle de la connexion cachée derrière. Cette limite change la façon de s’en servir : une zone chaude visible sur l’image est un indice à interpréter, jamais une preuve de ce qui se passe dedans.

Ce qu’on litLe rayonnement infrarouge de la surface visée.
Ce qu’on ne lit pasL’intérieur d’un capot ou d’un caisson.
Ce qui conditionne la lectureLa matière de la surface : son émissivité.
Caméra thermique : repérer un échauffement sur un tableau ou un moteur
Photo : Laserlicht (CC BY-SA 4.0)

Repérer un échauffement anormal sur une installation électrique, sans coupure

En maintenance électrique, l’intérêt de la thermographie est de détecter les échauffements anormaux pendant que l’installation fonctionne. C’est l’objectif affiché du référentiel APSAD D19, le document technique du CNPP pour le contrôle des installations électriques par thermographie infrarouge (édition de juin 2019, questions-réponses mises à jour le 27 avril 2020). Un échauffement se repère par comparaison : un point nettement plus chaud qu’un point comparable de la même installation attire l’attention.

Sur un moteur, la même logique s’applique à la surface visible du carter ou des paliers. Si vous cherchez plutôt la vitesse de rotation de l’arbre, c’est le rôle du tachymètre ; pour le courant qui traverse un câble, voyez la pince ampèremétrique. La caméra, elle, répond à une autre question : où la surface chauffe-t-elle ?

Démarche d'un contrôle thermographiqueInstallation en chargeL’installation fonctionne normalement, c’est elle qui produit les échauffements à observer.Prise de vueL’opérateur habilité balaie les surfaces accessibles avec la caméra.Relevé de l’écartUn point anormalement chaud est repéré et comparé à son environnement.Compte renduLes observations sont consignées dans un rapport, qui se réfère à l’APSAD D19.

L’émissivité : pourquoi la matière change la lecture

Deux surfaces à la même température n’émettent pas le même rayonnement si leur matière diffère. Cette aptitude à émettre s’appelle l’émissivité, et c’est pour cela qu’une température affichée sans tenir compte de la matière peut tromper. Une partie métallique brillante à côté d’une pièce peinte ou d’une gaine isolante peut donner une image trompeuse, sans que la température réelle soit différente.

Le sujet est assez central pour que la formation CNPP destinée aux opérateurs comprenne des mesures d’émissivité sur différents matériaux d’installations électriques, et délivre une attestation de compétence. Les valeurs à appliquer dépendent du matériau et de la notice de la caméra : consultez-la, et ne retenez pas de valeur « moyenne » trouvée au hasard.

Les limites : caissons clos, cellules haute tension

Puisque l’image ne traverse pas la matière, les équipements fermés posent problème : un caisson clos ou une cellule haute tension ne laissent voir que leur enveloppe. Un prestataire de thermographie indique, sur sa page de service, compléter alors la caméra par une détection ultrasonore. Il s’agit d’une source commerciale : à prendre comme un retour de terrain, pas comme une règle.

Autre limite à garder en tête : la caméra ne dit pas pourquoi un point chauffe. Elle le localise ; l’analyse de la cause revient à un professionnel qui connaît l’installation.

Le cadre APSAD D19 et le compte rendu Q19

Le référentiel APSAD D19 précise que les caméras utilisées doivent respecter sa spécification technique. Le rapport de contrôle thermographique se réfère à ce document : on parle souvent de rapport « Q19 ». Des exemples de ces rapports sont publiés par des sites préfectoraux, ce qui permet de voir à quoi ressemble le format avant de commander un contrôle.

Ce site n’est pas thermographe et ne délivre aucun rapport : il renvoie vers les documents de référence. Avant d’engager un contrôle, assurez-vous auprès de votre assureur et de votre prestataire de ce qui s’applique à votre cas, car l’article ne tranche ni sur une obligation, ni sur une exigence d’assurance.

Louer, acheter ou faire intervenir un opérateur

Trois voies existent. Faire intervenir un opérateur formé, c’est confier la prise de vue et le compte rendu à quelqu’un dont c’est le métier. Louer une caméra convient à un besoin ponctuel : le guide louer ou acheter un appareil de mesure détaille comment décider. Acheter se justifie si l’usage est régulier, et pose alors la question du suivi de l’appareil : voyez l’étalonnage d’un appareil de mesure. Dans tous les cas, la lecture reste affaire de méthode, pas seulement de matériel. D’autres instruments de la même rubrique, comme le luxmètre, répondent à d’autres besoins de mesure.

Pour un devis de mesure ou de contrôle, utilisez le formulaire de contact du site.

Questions fréquentes

Une caméra thermique voit-elle à travers un capot ?

Non. Elle lit le rayonnement infrarouge de la surface qu’elle vise : devant un capot fermé, elle montre la température du capot, pas celle de ce qu’il protège.

Faut-il être habilité pour réaliser un contrôle sur un tableau ?

Une prise de vue devant un tableau sous tension relève d’un professionnel habilité. Renseignez-vous auprès de lui ou de l’organisme de formation avant toute intervention.

Quelle valeur d’émissivité faut-il régler ?

Elle dépend du matériau observé et de l’appareil. Reportez-vous à la notice de la caméra et à la formation de l’opérateur ; cet article ne donne aucune valeur.

Vaut-il mieux louer ou acheter une caméra thermique ?

Louer convient à un besoin ponctuel, acheter à un usage régulier ; le guide dédié à la location détaille la décision. Faire appel à un opérateur est la troisième voie.

Portrait de Julien Faure

Julien Faure

Rédacteur, maintenance et instrumentation des fluides

Rédacteur spécialisé en maintenance. Il explique les mesures de débit, de pression, de vitesse et d’ambiance, sources à l’appui.

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